Historique de Saint-Charles-de-Bellechasse

La municipalité de Saint-Charles-de-Bellechasse est située sur la rive sud du Fleuve Saint-Laurent à une vingtaine de kilomètres de la ville de Québec.

La rivière Boyer la traverse dans toute sa longueur de l’est à l’ouest et fait la ligne de partage entre le rang nord et le rang sud.  Un troisième rang appelé «de l’Hêtrière» en complète l’étendu et la borne au sud à la municipalité de Saint-Gervais, à l’est les rangs nord et sud voisinent la municipalité de Saint-Michel, le rang de l’Hêtrière voisine la municipalité de La Durantaye et à l’ouest nous retrouvons la municipalité de Saint-Henri.

Population

La population de Saint-Charles-de-Bellechasse compte actuellement une population d’un peu plus de 2 300 personnes dont la majorité habite dans le secteur urbain.

Traits historiques

Ouvrons maintenant les archives pour y amener brièvement  quelques traits historiques de la municipalité de Saint-Charles-de-Bellechasse.  Elle est un démembrement de la municipalité de St-Étienne-de-Beaumont.  On peut donc dire qu’elle est la fille de cette dernière. À partir de 1717, les premiers colons établis sur ce territoire dépendaient de Saint-Étienne-de-Beaumont.  Le 10 avril 1713, MM. De Vaudreuil et Bégin concédaient à Sieur Charles Couillard fils, une augmentation d’une lieue et demie de  profondeur en arrière de la Seigneurie de Beaumont,  M. Couillard ne se pressa pas d’abord de concéder des terres dans cette augmentation.  C’est surtout à partir de 1723 que l’augmentation de Beaumont commença à se peupler.  Les terres y étaient bonnes et, en moins d’un quart de siècle, les habitants y étaient devenus assez nombreux pour former une nouvelle paroisse.

Le 6 août 1748, le seigneur Charles Couillard, pour contribuer et faciliter de bâtir une église pour l’utilité des habitants établis en des profondeurs des terres de la rivière Boyer, des seigneuries de Beaumont, Péan et la Martinière, pour procurer ainsi aux curés et missionnaires qui desserviront la nouvelle paroisse, les moyens d’y être établis selon qu’il leur convient et à leur état, donnait aux syndics de la paroisse qu’on voulait détacher de Beaumont un terrain d’un arpent de front sur 42 arpents de profondeur.  Ce n’est que deux ans plus tard en 1749, que Mgr de Pontbriand, évêque de Québec, détacha une partie des seigneuries de Beaumont, Péan et de la Martinière de la municipalité de Saint-Étienne-de-Beaumont et érigea une nouvelle paroisse, lui donnant pour patron Saint-Charles Borromée, en l’honneur du seigneur Charles Couillard.  Il est noter :  «J’ai fini de desservir la rivière Boyer de Beaumont, le 4 novembre 1749 et M. Sarreau s’en est chargé et a pris possession de ladite paroisse qui a été érigée ce jour où on a chômé la fête de Saint Charles qui est le patron de ladite paroisse. Je l’ai servi 30 ans et six mois».     

Émigration acadienne

Brassard-Deschenaux, ancien secrétaire de l’intendant Bigot, avait succédé au fameux Péan, comme seigneur de Livaudière.  Deschenaux s’occupa activement de peupler sa seigneurie de la Livaudière.  Il mit surtout à profit, pour cela, l’émigration acadienne qui s’opéra à cette époque du côté de Québec, et c’est ainsi que plusieurs familles acadiennes vinrent s’établir à Saint-Charles-de-Bellechasse et tout particulièrement au rang de l’Hêtrière.  Les familles acadiennes avaient fait l’objet d’une attention toute spéciale de la part de Mme Péan, Marie-Angéline Renaud-Devesnes des Méloises, alors qu’elle était encore au Canada. «On leur procura toutes les aisances qu’on put, dit un chroniqueur ; on alla même jusqu’à leur entretenir un chirurgien».  Ce n’était pas sans besoin.  «Grand nombre de ses familles acadienne avaient apporté des germes de maladies et la mortalité dans la municipalité atteignit en 1758, le chiffre énorme de «quatre-vingt-dix».

1760

Le 30 mai 1760, un mois après la bataille de Sainte-Foy, qui n’a guère adoucit l’humeur des conquérants, un habitant de Saint-Charles-de-Bellechasse, le capitaine Joseph Nadeau, est pendu devant sa propre maison, soupçonné d’avoir encouragé ses concitoyens à la révolte et poussé quelques miliciens de sa compagnie à joindre l’armée française.

Le général Murray, paraît-il, veut répandre la terreur dans cette région pour «se venger des habitants de la côte sud qui ont protégé les maraudeurs de Lévis pendant l’hiver.»

Le capitaine Nadeau était aimé et respecté, il avait quelque instruction et bien souvent fut remarquée sa belle et large signature dans les registres de Saint-Charles-de-Bellechasse.  Meunier de profession, il était propriétaire d’un moulin à vent.  Son état de meunier l’exemptait d’aller à l’armée, par la nécessité de ne pas laisser mourir de faim les femmes, les enfants et les vieillards du voisinage.  Il fallait laisser quelqu’un qui pût mouturer le peu de grain qu’on pouvait échapper au feu, au pillage, à la dévastation générale.

1775 - Invasion des bostonnets

Pour dire la vérité, écrit à ce sujet l’auteur de la Seigneurie de Lauzon, les habitants de la Pointe-de-Lévy, de Saint-Nicolas, de Saint-Michel et de Saint-Charles-de-Bellechasse, s’étaient montrés fort sympathiques au troupe du Congrès pendant tout le temps que dura le blocus de Québec.

D’après Monseigneur Briand, presque toute la colonie désirait que Québec fut pris par les américains.

Quelques-uns même avaient embrassé avec tant d’enthousiasme la cause de l’indépendance qu’ils ne voulurent jamais revenir sur leur pas malgré les menaces des autorités, les sollicitations de leurs pasteurs et même les excommunications lancées contre eux par l’évêque.

Cependant, à Saint-Charles-de-Bellechasse, M. le curé Sarault, par sa sagesse, ses bons conseils, sa vigilance toujours aux aguets pour prévenir le mal, parvient à apaiser tous les paroissiens.

1847 - Commission scolaire

En 1847, les marguilliers cèdent aux Commissaires l’usage des maisons d’écoles pour faciliter les moyens de répandre l’éducation.  À aucune époque, même dans les jours les plus sombres de notre histoire, la municipalité de Saint-Charles-de-Bellechasse n'a manqué d’école, soit rétribuée par des contributions, soit la plupart du temps gratuite. 

Au début de 1910 la Commission scolaire retient les services des Frères de l’Instruction chrétienne pour l’école des garçons et en 1913, les dépendances de l’école furent considérablement augmentés.  L’école compte quatre (4) classes et dispense l’enseignement à tous les degrés du cours primaire, de la première à la douzième années.

Chemins de fer

En 1854, la voie ferrée est établie sur la rive sud du Saint-Laurent pour communiquer avec les grands centres du pays et il fut versé 40 louis au Curé de l’époque pour le terrain cédé à cette fin.  Le chemin de fer est en grande partie responsable de l’essor considérable qu’a connu Saint-Charles au début du siècle puisque les paroisses de Saint-Gervais, Saint-Damien et autres devaient venir à Saint-Charles.

Chapelles

Il est procédé à l’érection de deux (2) chapelles la première au sud-ouest du village en 1883 et la seconde en 1887 au nord-est du village.

Salle publique

La maison Perras devient salle publique en 1914 sur le terrain de la Fabrique, au sud de l’église.

Séparation

C’est depuis janvier 1917 qu’il y eu une municipalité du Village et une municipalité de la Paroisse car, avant cette date, il n’y avait qu’une seule municipalité comme ça l’est maintenant.  Ce changement eut lieu suite à un conflit pour du macadam dans le rang Sud.

Électricité

Le 23 octobre 1923, à 5 heures du soir, Saint-Charles fut doté de l’électricité.  La municipalité du village l’a fait installer dans ses rues presqu’aussitôt.

Industries

Le Meuble Idéal érigé en 1945, brûlent en 1955 ; il fut reconstruit quelques neufs mois plus tard à l’endroit actuel et il emploi environ 150 personnes.  Nous avons quelques autres industries ce qui nous permet de contrer l’exode qui se fait vers les villes et nous permet de maintenir le niveau de population que nous avons.

Jardin de Capri 

En 1945, les jeunesses demandèrent à Eugène Frenette de leur organiser une salle de jeux dans son atelier de la rue de la Gare.  Quelques mois plus tard, des danses carrées étaient organisées et comme ça devint passablement populaire, les voisins se plaignirent du bruit et il décida d’aller s’installer dans le garage qu’il avait dans le bas du nord et qui n’était pas très rentable puisque fermé durant l’hiver.  Le tout brûla en 1948 et il décida alors de reconstruire mais pour avoir une salle de réception pour les banquets de noce (2.50$ du couvert et la salle se louait 35$),  Par la suite il fit venir des artistes dont Jean Roger, Alice Roby, Olivier Guimont, Jeanne-d’Arc Charlebois, Richard Verreault, Ti-Gus et Ti-Mousse, Michel Louvain, Marcel Martel et bien d’autres.  Quand il n’y avait pas d’artistes ou de noces, il y avait de la danse, occasion rêvée pour les jeunes de rencontrer le sexe opposé.  Les gens venaient de 50 milles à la ronde.  Des autobus descendaient de la ville (jusqu’à 3 par jour).  Certaines des orchestres faisant les frais de la musique devinrent très connues comme Jules Lord et Roland Martel. Certains soirs il y avait jusqu’à 750 personnes.  Vu que la vente de boisson n’était pas permise, les jeunes allaient prendre leur rasade de bravoure à leur auto ou en achetait des plus profiteurs.  Le stationnement était bondé et il fallait parfois se stationner à plus d’un kilomètre.  Le café et la liqueur se vendaient 0.10$ et les hot-dogs et les sandwiches 0.25$.

Aréna

L’aréna à été construite en 1980 à l’aide de souscriptions populaires et quelques subventions gouvernementales et surtout du travail de nombreux bénévoles.  L’édifice est relié à la polyvalente Centre-Éducatif par une passerelle pour permettre aux élèves d’avoir accès au gymnase de l’aréna car celui de l’école ne suffit pas.  Les élèves proviennent des différentes paroisses avoisinantes.

Centre d’accueil

La Résidence Charles-Couillard a été érigé en 1983 et agrandi en 1989, il accueille 42 personnes retraitées ou en perte
d’autonomie.  Environ 15 personnes y travaillent.

Bibliothèque Jacques-Labrie

La bibliothèque municipale est désignée sous le nom de Jacques-Labrie en l’honneur d’un fils de Saint-Charles : le docteur Jacques Labrie, célèbre historien et publiciste.  Elle a été construite, en 1996, dans une annexe au couvent avec en plus un gymnase et tous les services y afférents pour les élèves du primaire.